Agustina de Champourcín
Tal vez sea ese carisma de genio errático trashumante y aventurero audaz que derrochó en su no muy larga vida Antoine de Saint-Exupéry lo que impregna su obra más querida, aquella que alimentó de ensueños nuestra infancia: EL PRINCIPITO.
Quizás porque nuestra niñez sigue jugando en el asteroide de volcanes apagados por donde volaba el P-38 Lightning en el que desapareció una mañana de julio de 1944 frente a las costas de Marsella. O porque su mirada de héroe de la Resistance nos señala un camino de fantasías desbordantes donde la honestidad y el compromiso social son la bandera a seguir. El caso es que EL PRINCIPITO, el cuento que Saint-Exupéry publicó en su exilio de Nueva York, en 1943, con la France ocupada por el nazismo y la France libre de Vichy, Petain a la cabeza del colaboracionismo con Hitler, sigue siendo en nuestros días una obra de cabecera para niños y adultos, una exaltación de la libertad o una ensoñación feliz para olvidar el rumor bélico presente que vocean los nuevos mesías de la violencia.
Un período histórico complicado el que le tocó vivir a Antoine, de 1900 a 1944. Movimientos artísticos y literarios trasgresores, crisis del pensamiento, confrontaciones europeas, colonialismo brutal en África de las metrópolis europeas, rechazo entre los surrealistas, movimientos sociales, revoluciones, guerras y más guerras, exilios, amores tempestuosos y aventuras aéreas heroicas forjaron su vida. Quizás “LE PETIT PRINCE” sea el refugio aéreo por donde navegaba feliz el aviador Exupéry. Y su llamada de auxilio para reclamar una paz interior o un consuelo donde descansar de tanto revuelo y agitación mundial.

La profesora Joëlle Eyheramonno, de la Sorbonne parisienne, ha traducido al español la obra aparecida en 1943 y estudiado a fondo los dibujos y láminas que ilustran el PRINCIPITO. Le inquietaban la simbología que Exupéry transmitía en esas ilustraciones aparentemente infantiles de Antoine. «Hay algo más que garabatos infantiles, los dibujos del PRINCIPITO son la vía que el autor utiliza para hablar de sí mismo y contar su experiencia vital, sus amores pasionales, su profesión de piloto pionero en vuelos peligrosos, el rechazo que sufre de las vanguardias parisinas o el acoso y derribo por parte de sus compatriotas franceses por no seguir a De Gaulle, mientras que él se considera leal y fiel a su país, aunque viva en un país extranjero que no comprende, un patriota de la France libre».

Fruto del esfuerzo de la profesora Eyheramonno es esta edición “La cara oculta de los dibujos de EL PRINCIPITO” que ahora ve la luz y en la que expone los motivos ocultos, tal vez para el mismo autor, que le llevaron a escribir esta fantasía para adultos.

«Sin la 2ª Guerra Mundial no tendríamos EL PRINCIPITO, los dibujos, sus acuarelas tenues y deslucidas son la vía para hablar de sí mismo, sus experiencias amorosas, sus temores ante la incertidumbre de un mundo en guerra, el protagonista no llora, está pensativo en ese universo limitado del asteroide, como concentrado en un disfraz o un salvavidas para decir lo que no podía contar. Son hechos reales cubiertos por un manto de ficción, una llamada de auxilio que envía al mundo el aviador en mitad de la tragedia universal».

En 1998 un pescador de sardinas que faenaba frente a las costas de Marsella encontró prendida en sus redes una pulsera de plata con el nombre grabado de Antoine de Saint Exupéry y Consuelo, la mujer del poeta aviador. Sí, era de él, del aviador. Hasta el fondo de su corazón, hasta el fondo del mar llevó el PRINCIPITO, Antoine, el nombre de su amada. Tal vez por eso hay que releer el estudio de la profesora Eyheramonno, porque EL PRINCIPITO nos devuelve a los tiempos románticos del amor y de la infancia en la que la ilusión tejía nuestros sueños. Ahora es necesario, como entonces, volar en otro planeta, lejos del presente agónico, de la oscuridad en la que nos aprisionan los dueños del mal.

Traduit au francáis pour Ángel Aguado Pulido, honoré pour la Sorbonne, Paris
C’est peut-être ce charisme de génie erratique, nomade et aventurier audacieux dont Antoine de Saint-Exupéry a fait preuve au cours de sa vie relativement courte qui imprègne son œuvre la plus appréciée, celle qui a nourri nos rêves d’enfance : LE PETIT PRINCE.
Peut-être parce que notre enfance continue de jouer sur l’astéroïde aux volcans éteints où volait le P-38 Lightning dans lequel il a disparu un matin de juillet 1944 au large des côtes marseillaises. Ou parce que son regard de héros de la Résistance nous indique un chemin de fantaisies débordantes où l’honnêteté et l’engagement social sont le drapeau à suivre. Le fait est que LE PETIT PRINCE, le conte que Saint-Exupéry a publié pendant son exil à New York en 1943, alors que la France était occupée par les nazis et que la France libre de Vichy, avec Pétain à la tête de la collaboration avec Hitler, reste aujourd’hui encore un ouvrage de référence pour les enfants et les adultes, une exaltation de la liberté ou un rêve heureux pour oublier les rumeurs de guerre que propagent les nouveaux messies de la violence.
Antoine a vécu une période historique compliquée, de 1900 à 1944. Des mouvements artistiques et littéraires transgressifs, des crises de pensée, des confrontations européennes, le colonialisme brutal des métropoles européennes en Afrique, le rejet des surréalistes, les mouvements sociaux, les révolutions, les guerres et encore les guerres, les exils, les amours tumultueuses et les aventures aériennes héroïques ont façonné sa vie. Peut-être que « LE PETIT PRINCE » est le refuge aérien où l’aviateur Exupéry naviguait heureux. Et son appel à l’aide pour réclamer une paix intérieure ou un réconfort où se reposer de tant d’agitation et de troubles mondiaux.
La professeure Joëlle Eyheramonno, de la Sorbonne parisienne, a traduit en espagnol l’œuvre parue en 1943 et étudié en profondeur les dessins et les illustrations qui accompagnent Le Petit Prince. Elle était intriguée par la symbolique véhiculée par Exupéry dans ces illustrations apparemment enfantines d’Antoine. « Plus que de simples gribouillages enfantins, les dessins du PETIT PRINCE sont le moyen utilisé par l’auteur pour parler de lui-même et raconter son expérience de vie, ses amours passionnées, son métier de pilote pionnier dans les vols dangereux, le rejet dont il souffre de la part des avant-gardes parisiennes ou le harcèlement et la destruction de la part de ses compatriotes français pour ne pas avoir suivi De Gaulle, alors qu’il se considère loyal et fidèle à son pays, même s’il vit dans un pays étranger qu’il ne comprend pas, un patriote de la France libre ».
Le fruit des efforts de la professeure Eyheramonno est cette édition intitulée « La face cachée des dessins du PETIT PRINCE », qui vient de paraître et dans laquelle elle expose les motifs cachés, peut-être même pour l’auteur lui-même, qui l’ont conduit à écrire ce conte fantastique pour adultes.

« Sans la Seconde Guerre mondiale, nous n’aurions pas LE PETIT PRINCE. les dessins, ses aquarelles pâles et ternes sont le moyen de parler de lui-même, de ses expériences amoureuses, de ses craintes face à l’incertitude d’un monde en guerre. Le protagoniste ne pleure pas, il est pensif dans cet univers limité de l’astéroïde, comme concentré dans un déguisement ou un gilet de sauvetage pour dire ce qu’il ne pouvait pas raconter. Ce sont des faits réels recouverts d’un voile de fiction, un appel à l’aide que l’aviateur envoie au monde au milieu de la tragédie universelle ».
En 1998, un pêcheur de sardines qui travaillait au large des côtes marseillaises a trouvé dans ses filets un bracelet en argent gravé au nom d’Antoine de Saint Exupéry et de Consuelo, la femme du poète aviateur. Oui, il appartenait bien à l’aviateur. Au fond de son cœur, au fond de la mer, Antoine, le PETIT PRINCE, portait le nom de sa bien-aimée. C’est peut-être pour cela qu’il faut relire l’étude de la professeure Eyheramonno, car LE PETIT PRINCE nous ramène à l’époque romantique de l’amour et de l’enfance, où l’illusion tissait nos rêves. Aujourd’hui comme hier, il est nécessaire de s’envoler vers une autre planète, loin du présent agonisant, loin de l’obscurité dans laquelle nous emprisonnent les maîtres du mal.























































